J’ai toujours pensé que j’étais compatissant aux difficultés de mes étudiants dont les langues maternelles n’étaient pas l’anglais. Mais j’ai vraiment découvert moi-même la réalité de leur situation quand je me suis trouvé dans une école de langue française à Aix-en-Provence en juin 2006.
J’ai eu un examen le deuxième jour de mon arrivé à Aix. Mais ce qui l’a rendu encore plus difficile c’est que la veille j’avais eu un long trajet de Paris par le TGV (train grand vitesse). J’avais beaucoup de problèmes d’aller de la gare de TGV à Aix proprement dit, et après de la gare routière, à mon apartement loué. J’étais très fatigué et donc, parce que j’avais des problèmes à trouver l’école—j’étais un étranger à Aix—je suis arrivé en retard là-bas, mon premier jour, le jour des examens écrits et oraux.
J’ai toujours pensé que j’étais compatissant aux difficultés de mes étudiants dont les langues maternelles n’étaient pas l’anglais. Mais j’ai vraiment découvert moi-même la réalité de leur situation quand je me suis trouvé dans une école de langue française à Aix-en-Provence en juin 2006L’examen écrit était très dur avec beaucoup de questions sur les temps des verbes, certains que je n’avais jamais étudié! Tous les verbes irreguliers! Les pronoms difficiles! Les constructions grammaticales complexes! J’étais totalement découragé. Puis on m’a pris dans une salle pour l’examen oral. Cet examen était un peu mieux parce que les questions étaient ouvertes: Qui êtes-vous? Où habitez-vous? Quelle est votre occupation? Pourquoi êtes-vous ici? J’avais donc plus de facilité avec mes réponses. À ma surprise j’ai été placé dans une classe intermediate.
Après ce premier jour, les choses se sont améliorées, mais je restais inquiet tout le temps. Tout était en français. À l’école, dans les rues, dans les magasins, et dans les restaurants je devais écouter intensément. C’était épuisant! Les différences culturelles, les différentes de coutumes, les différentes suppositions sociales me confondaient très souvent.
Même les petites choses devenaient un grand projet. Par exemple, une sangle de mon sac à dos s’est cassée. Je devais la faire réparer. Aux États-Unis je l’aurais pris à un “shoemaker/shoe repair shop.” Quel est le mot français pour shoemaker? Je vais à mon dictionnaire. <
Pendant cette période d’un mois j’ai beaucoup étudié chaque jour et j’ai beaucoup appris. Et j’attendais le temps où je penserais en français quand je le parlais. Le temps n’est pas arrivé. Sauf la fois dans un restaurant en Avignon où le serveur n’a tenu aucun compte de moi pendant une demi-heure et je lui a dit <> sans y penser.
L’expérience de ce mois m’a rendu un meilleur professeur de beaucoup de manières. Je suis maintenant même plus compatissant aux difficultés de mes étudiants dont les langues maternelles ne sont pas l’anglais parce que je sais très bien les problèmes qu’ils confrontent. Mais, plus important, comme étudiant d’une langue étrangère, j’ai appris beaucoup de choses: des théories d’apprentissage, des pédagogies, des jeux de langue qui aident les étudiants à apprendre une langue étrangère.